Mes deux premières années dans ma nouvelle famille
Sur cette photo, moi entourée de ma famille adoptif en Uruguay, l'un de mes meilleurs souvenirs d
'enfance. Pour une fois, je me sentais bien, et heureux ! A coté de moi, mon père adoptif et juste derrière ma mère adoptive.
Pendant un certain temps, pour la moindre contrariété, ou la moindre dispute avec d'autres enfants, je devenais violent, parfois contre eux, souvent contre moi même.
Les deux premières années furent assez difficile...je venais de passer deux ans et demi dans une famille d'accueil, où il y avait trois enfants, plus les enfants que ma "tata" s'occupait en plus de moi en tant que nourrice.
Et la...j'arrivais chez mes parents adoptifs, sans enfants, dans un endroit que je ne connaissais pas, avec une rentrée à l'école qui avait déjà commencé depuis plus d'un mois, bref j'étais dans un environnement qui ne me mettais pas en confiance, et qui me rendais triste, du fait de ne plus voir ma famille d'accueil.
Mes parents adoptifs me présentèrent à leurs amis, au frère de ma mère, à leurs collègues de travail etc. etc. Moi je ne comprenais pas qui était qui, trop de nouvelles personnes apparaissaient, et me mettaient encore plus mal à l'aise.
Je passais le plus clair de mon temps enfermé dans ma nouvelle chambre, et essayais de m'amuser seul, malgré le manque que je ressentais, et pour éviter de faire ou dire quelque chose qui mettent en colère mon père adoptif
Je ne parlais pas beaucoup, et plus le temps passait, plus je m'enfermais dans mon monde, et où je m'inventais une autre vie.
Puis au fur et à mesure, je commençais à me faire à cette nouvelle vie, à l'école je n'étais pas mauvais, car ma maitresse Françoise, prenais son temps avec moi, me donnais confiance en moi, me rassurais.
Par contre...on ne peut pas dire que j'étais un enfant stable...et calme. Un enfant me faisais ch***, je lui rentrais dedans et le frappais, ou à l'inverse, je me tapais la tête ou les poings contre les murs, pour ne pas lui faire mal. Un adulte ne me rassurait pas, je m'enfermais dans une pièce ou je pensais être en sécurité.
A cette époque, j'avais déjà été en colonie, notamment chez ma famille d'accueil,
J'avais 4 ans environ lorsque je suis parti en colo pour la première fois.
Bref, je parlais de colonie, car à chaque période de vacances scolaires, mes parents adoptifs m'envoyaient en colo, et, pour cela je les en remercie. Car cela m'a aidé à évoluer, à réapprendre à vivre en collectivité, à refaire confiance en l'adulte, et à me donner l'envie, et la passion pour faire le travail que je fais actuellement.
Bien que je connaisse mon passé, et que je savais que je n'étais pas leur enfant de sang, je me suis toujours senti Franco-Uruguayen, dans le fais où j'ai été éduqué et ai baigné dans cette culture. A la maison ce n'étais pas du Funès, du Brassens ou encore de La grande vadrouille, mais c'était du Tango, du Gardel notamment, du Gavras, du Candumbe, et beaucoup de politique (Marxiste Léniniste) notamment à travers leur combat et celui du Che.
J'ai eu quelque moment vraiment chouette. (Mes colos, mon voyage en Uruguay, l'attention particulière que m'offrais ma maitresse).
Deux ans et demi après mon arrivé, mes parents m'informèrent que j'allais avoir une sœur. Sœur qu'ils allaient également adoptés. Son arrivé me stressais et en même temps m'excitais. J'allais enfin plus être seul à la maison. Mes parents comptais sur moi pour la mettre à l'aise..
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